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Accords d’usine

PAR DANIEL BROMBERG
PHOTOS PAR DANIEL BROMBERG
et offertes par allied

Au nord-ouest du quartier montréalais de Saint-Henri se trouve toujours l’un des cinq studios de la RCA Victor aménagés dans les années 1930, ses homologues de Nashville, New York, Los Angeles et Rio de Janeiro ayant été transformés ou démolis. Sa particularité? Il est doté d’une technologie brevetée de réflexion du son.

« C’est un bon angle d’approche, la préservation, lance David Cervantes, qui veille sur cet espace appelé aujourd’hui le studio Victor. C’est le seul studio encore équipé des murs acoustiques polycylindriques en bois d’origine. Pensez réverbération du son dans toutes les directions. »

L’histoire commence des années plus tôt avec Emile Berliner, inventeur allemand du gramophone, et l’ouverture de son usine de production à l’angle des rues Saint-Antoine et Lenoir, futur siège social canadien de RCA Victor. C’est ici que naît le gramophone Victrola, dont le logo His Master’s Voice (La Voix de son maître) témoigne du rôle retentissant qu’a joué Montréal dans le domaine de l’enregistrement sonore.

À ses débuts, le studio fait office de laboratoire ultramoderne pour l’enregistrement de musique tant acoustique que vocale. Puis, dans les années 1940, RCA se diversifie, développant des radars et autres sonars pour l’armée. L’espace est alors réaménagé et les hauts plafonds et murs de bois bombés disparaissent derrière des panneaux de gypse.

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Gramophone Assembling Room, Berliner Gramophone Company, Montréal, QC, 1910, Musée McCord, MP-1982.69.7

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Record Matrix Room, Berliner Gramophone Company, Montréal, QC, 1910, Musée McCord, MP-1982.69.5

Emile Berliner, inventeur du microphone, du gramophone et du disque plat, a fondé la Berliner Gram-o-phone Company of Canada en 1899 et a construit son usine de production, un bâtiment en brique de cinq étages, à l’angle des rues Saint-Antoine et Lenoir à Montréal en 1908. En 1924, elle est rachetée par la Victor Talking Company, qui deviendra RCA Victor.

C’est en venant réparer un dégât d’eau au tout début des années 1980 que Gaétan Pilon, entrepreneur montréalais, les découvre. Cinq plus tard, il change de vocation et ouvre le studio Victor, doté d’une nouvelle salle de mixage flambant neuve. Un vrai coup de maître, puisque ce studio d’enregistrement deviendra l’un des plus prisés en ville.

Pendant 30 ans, d’innombrables albums y verront le jour, ceux des artistes québécois Roch Voisine, Les Cowboys fringants et Jean Leloup notamment. George Martin, le producteur des Beatles, Alan Parsons et Bette Midler défileront aussi entre ses murs.

Victime du progrès, le format numérique remettant en question la rentabilité du bon vieux vinyle, Gaétan Pilon se voit contraint de plier boutique en 2016. Après le passage d’un studio de création sonore qui modernise les lieux, David Cervantes entre en scène. Déterminé à conserver l’illustre studio, il le propose à la location et élargit l’expérience client avec le grand espace style loft à partager.

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Gaétan Pilon, producteur et ingénieur du son originaire de Saint-Henri, ferme le studio Victor en 2016. L’année suivante, La Hacienda Creative prend le relais et fait appel à l’entrepreneur général Newsam et à l’agence d’architecture MXMA pour le rénover. Son passé est mis en valeur et modernisé par l’ajout d’espaces de travail lumineux et colorés et de gradins en aggloméré propices à la collaboration.

Il est désormais ouvert à tout professionnel qui souhaite le réserver pour des séances d’écriture ou des sessions d’improvisation collective ainsi qu’aux amateurs qui peuvent venir répéter dans une pièce autrefois réservée aux vedettes, un changement que David Cervantes considère comme partie intégrante d’une nouvelle accessibilité.

« C’est drôle : certains musiciens n’ont jamais eu l’occasion de jouer dans le studio A au cours de leur carrière. Aujourd’hui, ils reviennent en tant qu’amateurs et ont enfin cette chance », explique-t-il.

Près d’un siècle plus tard, l’ancienne usine de production résonne toujours. Elle sert à la fois de studio de travail et de musée vivant de l’histoire de la musique canadienne, tout en rappelant que le patrimoine architectural, s’il est préservé avec soin, est un héritage durable.

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Une photo de l’usine de Saint-Henri au début du 20e siècle. Sur l’enseigne, on voit le célèbre chien Nipper, intrigué par un gramophone, et le logo His Master’s Voice (HMV et La Voix de son maître en français), qui marquent l’arrivée de l’industrie du disque au Canada.

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